Interview : Camille Versi

Camille Versi, une de nos plus anciennes participantes aux ateliers infinite, a été publiée chez Hachette Romans avec son livre Royales repéré sur la plateforme d’écriture Wattpad !

On revient sur son parcours d’écrivaine dans cette interview Infiniters diffusée en direct sur notre chaîne Youtube le 3 mai 2018 :


Caroline Viphakone : Bonjour à tous ! Après plusieurs techniques nous avons réussi à nous connecter… Bienvenue parmi nous sur la chaîne Youtube de la communauté des Infiniters. Notre studio infinite veut encourager les gens à écrire grâce au jeu de rôle par son approche ludique et collective. Aujourd’hui, on a comme invité : Camille Versi, qui est venue à tous nos ateliers l’année dernière (en 2017) et qui revient de temps en temps nous voir, surtout pour les write-in et les ateliers jeux, jeux de société ou jeux de rôle. Camille vient avec une très bonne nouvelle : elle a sorti son premier roman, Royales aux éditions Hachette ! On pense numérique ici, c’est pour ça qu’on n’a pas la version papier…

Camille Versi : Exactement ! Et pas du tout parce qu’on a complètement oublié de l’amener…

Caroline : Est-ce que tu peux nous parler de quand tu as commencé à écrire ?

Camille : J’ai commencé à écrire il y a TRÈS longtemps… En primaire, des petites histoires qui avaient pas forcément un intérêt énorme. J’avais six ans, j’avais pleins d’idées, j’essayais pleins de trucs : je me rappelle notamment d’une histoire de Toutankamon qui avait une Ferrari. Mais aussi loin que je m’en souvienne, j’ai toujours écrit, vite fait sur un carnet…

Caroline : Et tu voulais déjà devenir écrivain ?

Camille : J’ai voulu être actrice, j’ai voulu être bibliothécaire… J’ai toujours adoré lire et aimé écrire. Assez vite, l’envie de devenir écrivain m’est venue.

Caroline : Quand est-ce que tu t’y es mise plus sérieusement ?

Camille : Au collège, j’ai commencé à écrire des nouvelles qui avaient un début, une fin, et du sens. Je les ai travaillées et retravaillées. J’ai eu du mal à un certain moment à passer au roman parce que ce format demande beaucoup plus de temps à écrire, beaucoup plus d’investissement. Et je n’avais pas forcément la maturité nécessaire. Finalement j’ai terminé un premier roman en prépa. Ensuite, j’ai découvert Wattpad, une plateforme d’écriture sociale, où on peut poster des chapitres et les lecteurs peuvent voter. À partir de là, ma motivation a augmenté fortement. Comme j’étais lue, ça me donnait envie d’écrire et ça s’est enchaîné. Je suis déjà en train d’écrire mon sixième roman.

Caroline : On a le bonjour de Caroline Blineau, auteure qui était à ta place la dernière fois, sur le chat ! Sinon, tu disais qu’écrire un roman te prenait du temps… peux-tu me dire combien ?

Camille : Ça dépend, les romans sont plus ou moins longs, j’ai plus ou moins de temps selon les périodes dans ma vie.

Caroline : Et pour Royales, par exemple ?

Camille : J’ai terminé le premier jet de Royales en trois mois. Sur le roman que je suis en train de finaliser, j’y suis depuis cet été, donc ça fait dix mois.

Caroline : Et comment t’as fait pour écrire en trois mois ?

Camille : Je me motivais à écrire 1 chapitre par jour sur Wattpad. J’ai pas réussi à m’y tenir tous les jours. Un chapitre contient environ 1000 mots, ce qui correspond plus ou moins à une session d’1 heure d’écriture. Ca peut être plus si j’ai du mal à l’écrire ou si je suis emballée. Sur la première version, il y avait 63 chapitres.

Caroline : Peux-tu nous parler un peu de Wattpad, pour ceux qui ne connaissent pas ? Déjà, c’est une plateforme d’écriture canadienne.  C’est une plateforme de lecture aussi…

Camille : Oui, on considère que pour 1 auteur il y a à peu près 10 lecteurs. Tu as des recommandations de lecture sur la page d’accueil, les histoires sont classées par genre : de la romance, de l’action, de l’aventure, de la science-fiction, du loup-garou, du vampire, de la poésie, du policier… Pour découvrir une histoire, la couverture joue beaucoup, puis il y a les résumés.

Caroline : Et t’as fait ta couverture toi-même ?

Camille : Oui, d’ailleurs il faudrait que je les change.

Caroline : Et t’as commencé par mettre ta première version en ligne sur Wattpad ?

Camille : Oui, et elle n’existait pas avant ! Je l’ai vraiment écrite POUR Wattpad et SUR Wattpad. J’ai écrit directement dans l’application Wattpad. Et ensuite copié-collé dans Word.

Caroline : Et pourquoi Wattpad ?

Camille : À l’époque, j’ai vu une pub pour After, un roman d’Anna Todd qui s’est fait découvrir sur Wattpad. J’ai voulu aller voir ce que c’était et essayer.

Caroline : À la base, c’était une fanfiction One Direction, inspirée du chanteur Harry Styles…

Camille : Comme c’est une fan fiction basée sur des personnes réelles, elle les a juste transposé dans un campus en changeant leurs noms, du coup, on ne voit plus que c’est une fanfiction.

Caroline : Tu as déjà écrit des fanfictions ?

Camille : J’ai essayé d’écrire autour d’Harry Potter. J’ai hésité un moment à écrire sur une fanfiction qui se serait passé 20 ans après la saga. Ça aurait été plus ou moins une adaptation de Bel-Ami chez les sorciers. Avec un fils de Mangemorts ou de sympathisants de Voldemort qui aurait fait son chemin en devenant le meilleur ami de la fille Weasley, en séduisant la fille Potter, etc.

Caroline : Et que penses-tu de la fanfiction ?

Camille : J’ai beaucoup de respect pour la fan fiction. Je trouve qu’il y a beaucoup de créativité chez les auteurs de fanfictions. Personnellement, je préfère créer mes propres univers, c’est là que je me sens le plus à l’aise. Même s’il m’arrive de jouer avec mes idées d’autres auteurs, un peu comme si je jouais à la poupée…

Caroline : … ou au jeu de rôle !

Camille : Absolument !

Caroline : Tu vois la transition qui arrive ?

Camille : Je vois ! En tout cas, pour moi, la fanfiction, c’est plus un amusement que quelque chose sur lequel je vais investir des mois… Justement, je suis impressionnée par les auteurs de fanfictions qui sont prêts à investir autant de temps à produire leurs œuvres, certains qui sont à un niveau équivalent voire meilleure que les œuvres originales.

Caroline : D’ailleurs, quelle serait ta définition de la fanfiction ?

Camille : Pour moi, une fanfiction c’est une histoire qui reprend les éléments d’une oeuvre existante pour en écrire une nouvelle, sachant que l’auteur de la deuxième auteur n’est pas celui de la première… Difficile de définir ça en cinq minutes, voire même en trente secondes, tellement il y a d’éléments à prendre en compte et c’est plus compliqué que ça !

Caroline : Et il y a Caroline Blineau qui parle de Scribay sur le chat, tu connais ?

Camille : Oui je connais, c’est une autre plateforme d’écriture que je n’utilise pas.

Caroline : Ok, et pour revenir sur Wattpad : cette première communauté de lecteurs que tu as constituée sur cette plateforme est-elle la même que celle pour ton roman publié ?

Camille : J’ai une partie de ma communauté Wattpad qui me suit encore aujourd’hui et qui continue de lire mon nouveau roman Réseau Royal que j’écris en direct sur Wattpad.

Caroline : Et qu’en pensent tes éditeurs ? Il me semble qu’Hachette est partenaire de Wattpad.

Camille : Oui, c’est d’ailleurs sur Wattpad qu’Hachette m’a repéré. Ils savent que je continue d’écrire sur la plateforme et ça leur pose pas de problèmes.

Caroline : Et la première version de ton roman Royales est-elle toujours disponible sur Wattpad ?

Camille : Ah ! Le texte de Royales lui-même n’est plus en ligne pour plusieurs raisons. La première c’est que la première version de Royales sur Wattpad a été retravaillée et celle du roman publié n’a donc plus grand chose à voir. Même si bien sûr elles se ressemblent quand même pas mal ! Mais pour vous donner un ordre d’idée : à la première écriture j’avais 500 000 signes, puis à la réécriture j’en ai coupé 200 000 et j’en ai réécrit 300 000 autres, donc ça a pas mal évolué. La deuxième raison, c’est aujourd’hui une oeuvre qui se vend, sur laquelle plusieurs personnes ont travaillé, donc il n’y a plus de version gratuite. Mais toutes mes autres œuvres sont disponibles gratuitement.

Caroline : Oui, c’était une manière pour toi de te faire connaître et d’avoir des premiers retours auprès de bêta-lecteurs, j’imagine ? Comment as-tu retravaillé sur ton texte : avec la communauté Wattpad ou après avec ton éditeur ?

Camille : C’est surtout mon éditrice qui m’a donné des conseils. J’en ai aussi eu de lecteurs Wattpad, mais ils m’ont surtout apporté de la motivation à écrire et à continuer jour après jour. La réécriture profonde du texte, c’était surtout avec mon éditrice.

Caroline : « […] j’aurais jamais cru que ton éditeur aurait accepté, mais si c’est un partenariat, ça doit passer » nous dit Caroline Blineau sur le chat en direct. Peut-être qu’Hachette se dit que tu constitues ton premier réseau de lecteurs sur Wattpad, que ça permet de tester et comme ça a marché… Et que de toute façon, lorsqu’une version imprimée sera disponible, tes textes sur Wattpad seront enlevés, non ?

Camille : Oui, il faut vraiment se dire qu’il n’y a pas une commune mesure entre les gens sur Wattpad, même s’ils constituent une grosse communauté, et ceux qui viennent acheter en librairie, c’est bien plus large. Par exemple, ma famille savait très bien que j’écris depuis des années sur Wattpad et a lu mon roman seulement en version papier.

Caroline : Pour en revenir au moment de la réécriture : tu as mis trois mois depuis ton premier jet mais après, tu as passé combien de temps sur la réécriture ? Je me rappelle que tu nous avais annoncé en atelier infinite l’année dernière en mars ou mai 2017, parce que tu ne pouvais pas nous le dire avant que tu te faisais éditer…

Camille : Pour retracer la chronologie : les trois mois de la première phase d’écriture, c’était entre novembre 2015 et janvier 2016, et pendant plusieurs mois il ne s’est rien passé, j’ai laissé de côté et j’ai continué d’écrire ; j’ai reçu un message d’Hachette en janvier 2017 et c’était une discussion très intéressante sur ce qui était problématique dans mon texte.

Caroline : Lorsque tu nous as annoncé la sortie de ton livre en atelier, on était tous très fiers ! D’autant plus que certains n’étaient pas au courant. Pour ma part, tu m’avais dit que tu travaillais sur un projet mais que tu ne pouvais pas trop m’en parler.

Camille : J’en ai très peu parlé… Puis par la suite, il y a eu une phase de réécriture plus précise. C’est une éditrice qui m’a fait de nombreuses suggestions (sur le style, les phrases en elle-même, des petits ajustements passage par passage). Et globalement, tout ce travail a duré 3 mois et nous amène à la fameuse date du 14 mars 2018 : jour de la sortie de mon livre !

Caroline : Du coup quand tu venais en atelier, il ne me semble pas que tu travaillais sur ce projet-là ? Sur quoi tu travaillais en fait ?

Camille : L’an dernier, on n’écrivait pas en atelier. On faisait surtout du jeu de rôle. J’avais créé un personnage…

Caroline : Pour Exquisite Words ! Tu as pu prendre du recul par rapport à ton projet ?

Camille : Ça m’a surtout permis d’essayer d’autres choses. Ce que j’aime bien avec les ateliers Infinite, c’est que l’on teste d’autres manières d’écrire.

Caroline : Tu faisais du jeu de rôle avant ? Tu fais toujours du jeu de rôle sur des forums ?

Camille : J’ai fait du jeu de rôle sur forum. J’ai même réalisé mon mémoire de master sur le sujet. Je m’y suis essayée comme pour la fanfiction et j’ai beaucoup de respect pour les amateurs du genre, mais ce n’est pas ma voie principale.

Caroline : Pendant combien de temps as-tu réalisé du forum RPG ?

Camille : Je continue d’en faire.  

Caroline : Tu es sur quoi comme forum ?

Camille : Harry Potter !

Caroline : Donc fanfiction et RPG Harry Potter ?

Camille : Je n’ai pas encore mis le t-shirt Gryffondor.

Caroline : Ah oui, tu es de Gryffondor ? Nooon, je suis Serpentard ! Après on peut quand même faire une fanfiction sur les deux maisons. Et pour revenir sur tes études, tu as fait un master dans quelle branche ?

Camille : Dans le domaine de l’édition !

Caroline : Et aujourd’hui tu travailles dans quel milieu ? Il y a Caroline Blineau qui nous demande si tu es autrice à plein temps ?

Camille : Non, je ne suis pas auteur à plein temps. Je suis éditrice.

Caroline : Après tu travailles quand même dans le milieu de l’édition. Tu as réalisé un master en édition.

Camille : J’ai écrit deux mémoires sur le jeu de rôle. En M1, un mémoire de recherche pour expliquer concrètement en quoi consiste le jeu de rôle, toutes les problématiques narratologiques (cohérence de personnage, de forum…). Et mon mémoire de M2, c’est un mémoire professionnel où je me suis demandé comment on pourrait éditer du jeu de rôle.

Caroline : On va bientôt publier un recueil de RP ! Mais ça va, globalement, tu es toujours restée dans la thématique du « livre ». Tu rêvais d’être bibliothécaire quand tu étais petite…

Camille : J’adore toujours autant ranger mes livres ! Si on touche à ma bibliothèque, je hurle !

Caroline : Mais à la place tu as choisi l’édition… Pourquoi l’édition ?

Camille : J’ai réalisé un bac littéraire et après je suis allée en prépa littéraire parce que j’aimais la littérature. Je me suis posée pas mal de questions, j’appréciais étudier des grands auteurs mais je voulais surtout être dans le concret c’est-à-dire d’aider des nouveaux auteurs à émerger donc éditrice !

Caroline : Du coup, tu conjugues les deux, éditrice et auteur à la fois ! Et quand tu écris, tu écris sur Wattpad, sur des forums RPG et c’est quoi ta routine d’écriture ? Tu écris tous les jours ?

Camille : Je n’écris pas tous les jours mais j’essaye d’écrire un maximum.

Caroline : C’est quoi ton rythme à peu près ?

Camille : J’écris à peu près 1000 mots de l’heure donc en semaine si j’ai du temps libre, ça peut aller entre 45 min et 1h d’écriture le soir. En week-end, en revanche, je peux faire plusieurs heures.

Caroline : Tout à l’heure, tu es arrivée au write-in vers quelle heure ?

Camille : Je suis arrivée vers 19h.

Caroline : Jusqu’à 20h, tu as écrit 1000 mots ?

Camille : Je n’ai pas compté avant de venir. Mais je dirais les ¾ d’une page.

Caroline : C’est super en tout cas ! Et tu es en train d’écrire pour Wattpad ?

Camille : Oui ! Je suis en train d’écrire le dernier épisode de Réseau Royal qui est le roman actuel que je suis en train de rédiger. Je travaille par épisodes.

Caroline : Tu as vu ce que réalise Ronan Le Breton ?

Camille : Sur Wattpad, il fait des choses en rapport avec Madame Bovary ?

Caroline : C’est ça, Madame Bovary et les zombies. Il essaye de tester le côté un peu « série » sur la plateforme. Et les lecteurs, ils apprécient ce style de parution ?

Camille : Ce qu’ils apprécient, c’est d’avoir tous les blocs d’un coup et que les épisodes se construisent pour avoir une tension constante de l’un à l’autre. Dans chaque épisode, il va y avoir des éléments importants. Alors que sur un roman, c’est plus un chapitre de transition. Après, ce n’est pas forcément quelque chose que je vais garder sur tous mes romans. Mais celui-là s’y prêtait bien.

Caroline : Et quand tu disais que tu écrivais 1000 mots, c’est une fois tous les deux jours… est-ce que tu considères quand tu écris sur forum que cela fait partie de ta routine d’écriture ?

Camille : Je fonctionne beaucoup par projet sur le roman sur lequel je suis en train de travailler. C’est plutôt d’autres « hobbies ». Par rapport à mon roman, je donne des stats mais j’évite de me mettre une pression quand j’écris en me fixant un quota d’heure d’écriture.

Caroline : Sur les forums RPG, c’est quoi ton rythme d’écriture ?

Camille : C’est globalement le même !

Caroline : Et tu te connectes assez souvent ?

Camille : Je gère un forum sur Harry Potter.

Caroline : Tu es admin ?

Camille : Oui, je gère aussi Le livre des étoiles (Erik L’Homme), les univers de Pierre Bottero… Ce n’est pas qu’un forum RP mais aussi un forum de discussion.

Caroline : C’est génial ! Mais on voit souvent ça même dans les communautés Harry Potter. Notamment le site Poudlard12 qui était notre ancien partenaire. Je voulais te demander autre chose aussi, tu fais du jeu de rôle sur table ?

Camille : Oui un peu ! J’en ai découvert beaucoup grâce à Infinite.

Caroline : Tu avais joué dans quoi comme univers ?

Camille : C’était un MJ qui inventait ses propres univers.

Caroline : Et avec Antoine c’était quoi ? Un univers fortement inspiré d’Harry Potter non ?

Camille : C’était un donjon avec différentes épreuves où il y avait des énigmes, des monstres et à la fin on s’est tous entretué au lieu de tuer le monstre. C’était drôle !

Caroline : Tu étais vraiment dans le role-play, je me souviens que tu étais une sacrée peste ! C’était un homme que tu jouais ?

Camille : Je jouais le méchant sorcier qui voulait détruire l’univers et aussi détruire ses camarades.

Caroline : C’était marrant et à côté il y avait Renaud de Rolisteam qui faisait jouer La légende des cinq anneaux (L5R).

Camille : Ça avait l’air d’être un univers très intéressant !

Caroline : C’est un autre univers. Toi, tu restais plutôt dans le classique (D&D) mais c’est cool pour une première fois !

Camille : J’en ai refait par la suite.

Caroline : C’était Les ombres d’Esteren en partenariat avec la Ligue ludique.

Camille : Encore une autre ambiance pour le coup !

Caroline : Une atmosphère horrifique avec des murs qui suintent d’insectes. Puis on a même fait la suite à l’Extra-Life Café, toujours avec la Ligue ludique. On voulait à tout prix savoir la fin de l’histoire ! Et en dehors, tu fais d’autres parties de jeu de rôle ou pas du tout ?

Camille : J’ai fait du Pathfinder scénario Gobelins. C’est quelque chose que j’apprécie ! D’ailleurs, je suis en train d’essayer d’écrire plus ou moins un scénario de jeu de rôle.

Caroline : Oh c’est top !

Camille : Ça se passerait dans l’espace !

Caroline : Est-ce que tu as l’impression que tes occupations sur des forums RPG ou en faisant du jeu de rôle sur table, ça t’a donné de l’inspiration ? Qu’il y a eu une certaine influence sur ton écriture ?

Camille : Oui, sur mon roman actuel Réseau Royal. C’est surtout dans la réflexion c’est-à-dire que pour faire un jeu de rôle, il faut avant tout un univers. C’est une problématique que je me suis posée en faisant mon mémoire de master. Dans un jeu de rôle, il ne peut pas y avoir de personnage principal. Je m’explique : un JDR sur forum où il y a un personnage principal et les autres qui sont des personnages secondaires, ce n’est pas très fun…

Caroline : Vous êtes des personnages secondaires ! Ah d’accord…

Camille : Un bon JDR sur forum pour que l’univers soit riche, il faut que plusieurs personnages puissent prendre place afin d’avoir différentes interactions et qu’on puisse en ajouter d’autre de sorte à créer un univers et non un ensemble de personnage. Donc dans mon œuvre Réseau Royal, c’est la première fois que j’écris avec 4 personnages. L’atelier sur la toile des personnages m’a beaucoup aidé au niveau de la conception de mon histoire.

Caroline : Et le JDR précédent, est-ce que ça t’a apporté quelque chose ? Il y a Caroline Bineau qui nous dit sur le tchat : « le JDR ça aide tellement pour l’écriture » et Alexiane Thill qui trouve que c’est très enrichissant. Est-ce que cela a eu un impact sur ton précédent roman ?

Camille : Mon précédent roman, tu parles de Royales ?

Caroline : Oui, Royales tout court.

Camille : Entre Réseau Royal et Royales, j’en ai écrit deux autres. Mon précédent roman, c’est une réécriture. Pour Royales, ça m’a moins inspiré en tout cas consciemment.

Caroline : Peut-être qu’inconsciemment, dans la construction de personnage ou l’écriture de personnage ?

Camille : Quand j’ai écrit Royales, ça a été le moment où je sortais de l’année où j’ai rédigé mon mémoire de recherche sur le jeu de rôle. J’ai exploré différents personnages, différentes psychologies. Notamment sur un forum, je me suis retrouvé à jouer une folle démoniaque sanguinaire et réfléchir à son comportement. Cela m’a servi pour apprendre à complexifier mes personnages et pour un roman apporter plus de richesse, de profondeur. C’est quelque chose sur lequel j’essaye d’évoluer quand je relis mes anciens écrits. Creuser la psychologie humaine, ça vient avec l’expérience.

Caroline : Peut-être qu’avec l’expérience de jeu aussi, ça t’a aidé à te mettre à la place d’un-tel…

Camille : C’est surtout l’univers qui m’a consciemment inspiré. Mais je connais des gens qui écrivent à partir de personnages et c’est en creusant la psychologie d’un personnage qu’ils ont des idées de romans.

Caroline : Tu peux nous parler un peu plus de Barbe-Bleue ?

Camille : Ça s’appelle Barbe-Bleue et cheveux roses et c’est une réécriture de Barbe-Bleue moderne. Barbe-Bleue est un hipster à la barbe bleue. L’héroïne Sophie est surbookée, elle est à la fac mais sur deux licences en même temps. Elle travaille pour payer ses études, elle est totalement fatiguée. Elle bosse dans un café et un jour elle rencontre ce fameux Barbe-Bleue qui lui commande un café et elle se trompe de boisson, il se pose des questions et il commence à la séduire et l’histoire avance au fur et à mesure. Je ne vais pas en dire plus !

Caroline : Tu l’as posté sur Wattpad ?

Camille : Oui, l’histoire est disponible en entière. Donc si jamais ça t’intéresse Caroline Blineau, tu peux la découvrir.

Caroline : Elle nous dit que « C’est énorme ! »

Camille : Ce que j’ai essayé de faire dans cette histoire, c’est de creuser les motivations d’un méchant et essayer de retourner l’opinion des lecteurs sur lui puisque le héros Barbe-Bleue est un anti-héros contrairement aux histoires de princesses. Il tue les gens de base. Mais est-ce le cas dans cette histoire ? Je vous laisse un peu de suspense !

Caroline : Suspense…

Camille :  L’objectif, c’était vraiment de creuser la psychologie d’un personnage. C’est une histoire qui parle de rédemption, de pardon…

Caroline : Et du coup pour Réseau Royal, c’est l’univers qui t’a inspiré ? C’est sur ce thème que tu aimerais intervenir ? Puisque je t’avais proposé de peut-être faire une masterclass prochainement.

Camille : Oui, ça serait sur la création de l’univers. Pour une masterclass, il faut que j’y réfléchisse davantage.

Caroline : On va y réfléchir ensemble ! Mais la thématique restera sur la « création d’univers ».

Camille : Pourquoi Réseau Royal a un univers particulier ? C’est une histoire qui se passe de nos jours mais dans un présent alternatif. La Révolution française n’a jamais eu lieu. Donc de nos jours, règne toujours Louis XX, roi de France.

Caroline : Mais tu nous en a parlé l’année dernière déjà non ?

Camille : C’est possible parce que l’idée me trottait dans la tête depuis un bout de temps. Donc Louis XX, roi de France. Sauf que la technologie en revanche, a évolué comme la nôtre. Donc on pourrait faire des lives sur Youtube. Mais le roi n’en fait pas !

Caroline : Pourquoi ?

Camille : Ce n’est pas très digne du roi.

Caroline : Oh d’accord.

Camille : Il poste des messages via son community manager.

Caroline : Ah, ça c’est cool ! Sur Twitter ?

Camille : Sur Réseau Royal.

Caroline : Réseau Royal ?

Camille : Il poste sur Réseau Royal qui est le réseau social de ce monde. Et ce n’est pas du tout une démocratie puisque sur Facebook que vous connaissez, n’importe qui peut poster le même poids mais sur Réseau Royal, les nobles ont un compte spécial où lorsqu’ils postent, tout le monde reçoit une notification. Mais par contre, si tu as le statut « Poussière » parce que tu es un brigand, si tu postes quelque chose personne le voit. Donc c’est pas du tout égalitaire mais en même temps, les réseaux sociaux en eux-mêmes ont une essence très démocratique qui permet l’échange entre les personnes. Il y a certaines choses qui commencent à se passer dans ce royaume qui pour Louis XX ne sont pas forcément bonnes. On suit 4 personnages dont Louis XX lui-même, Catarina qui est l’Infante d’Espagne arrivant à Versailles. Versailles est toujours utilisée, elle a été modernisée (jacuzzi, cours de tennis…). Le confort version XXIème siècle ! Catarina arrive d’ailleurs un peu précipitamment, on ignore pourquoi mais on sent qu’elle cache un secret. On suit également Julie, une servante qui cache aussi des mystères et on termine par Thomas, un brave jeune homme tout joyeux car il est passé au niveau supérieur sur Réseau Royal. Mais suite à une vérification par Louis XX, il se retrouve dégradé subitement au statut de « Poussière ».

Caroline : Ça fait très gamification, un peu comme dans les jeux vidéo où on progresse en fonction du level, où il faut monter en grade…

Camille : Dans la conception du Réseau Royal de mon œuvre, je me suis inspirée de mécanismes qui existent réellement sur des sites.

Caroline : Si vous avez des demandes particulières pour l’intervention de Camille en masterclass chez infinite pour de la création d’univers…

Camille : Je lis une question d’Alexiane THILL…

Caroline : Ah, elle nous dit « Une critique de la société, de la popularité, des réseaux sociaux de nos jours ? C’est vrai que ça peut y faire penser. »

Camille : Oui, il y a une dimension critique derrière ça.

Caroline : Mais c’est une critique des réseaux sociaux mais aussi de la monarchie ?

Camille : C’est plus compliqué que ça. Sur les réseaux sociaux, c’est plus une réflexion sur ce que ça implique. Il y a une critique de la monarchie.

Caroline : Puisqu’il y a une rébellion qui se prépare !

Camille : Il y a aussi une critique de la démocratie dans le sens règne de l’opinion.

Caroline : Une réflexion sur comment gouverner en fait finalement.

Camille : Yep, c’est ça ! Sur la bonne manière de diriger, sur la bonne manière d’écouter l’opinion, d’écouter le peuple… Mais c’est plus une réflexion généraliste plutôt que de pointer du doigt chaque chose.

Caroline : J’ai une autre question d’Alexiane : « La dimension que ça peut prendre, jusqu’à régenter aussi l’Etat en soi ? »

Camille : Oui, tout à fait ! Puisque le fondateur du Réseau Royal est aussi ministre de Louis XX et qu’un certain nombre de décisions que doit prendre le roi se font en fonction des réseaux sociaux. L’intérêt de l’œuvre, c’est de se demander ce qu’il se passerait si la monarchie absolue se retrouvait confrontée aux réseaux sociaux.

Caroline : Mmm aujourd’hui !

Camille : Et donc la confrontation des deux fait forcément qu’il y a une réflexion sur les deux sujets.

Caroline : C’est vraiment un univers super intéressant ! Je comprends pourquoi quand je t’avais proposé d’intervenir, de travailler sur comment créer un univers et comment écrire un roman à partir de ça !

Camille : Quand je l’imaginais en JDR, je me disais que comme sur le réseau social, il y a plein de classes, c’est-à-dire que forcément chaque personnage créé s’inscrit dans le système social, il a un statut, des relations sur le Réseau Royal. Et un JDR sur forum souvent classifie les personnages en fonction de différent critère. Et dans le cadre de mon histoire, ils ont tous plus ou moins un rapport par rapport au roi à la cour, une opinion sur le roi quand ils sont éloignés. Donc chaque personnage créé peut s’inscrire dans un réseau de relations assez facilement.

Caroline : Je l’imagine bien ! Enfin, ça n’empêche pas qu’après avoir terminé ton projet roman, de réfléchir à un JDR.

Camille : Je me suis posée la question. Après, c’est beaucoup une question de temps ! Parce que malheureusement, tout cela prend du temps.

Caroline : Oui, c’est assez chronophage ! Parce que tu as Marc Frachet qui a un univers Incarnatis qui est assez transmédia. Et là, il est en train de réfléchir au JDR et du coup tu as Iago (de l’association TreizeAnim) qui teste des scénarios autour d’Incarnatis. Et là l’idée, ça serait d’écrire le livre de règles dans cet univers. Ce n’est pas Marc Frachet qui est en train d’écrire le scénario, il l’a un peu sous-traité à quelqu’un d’autre. Après ça peut éventuellement être une collaboration !

Camille : Pause technique Caroline, ne devrions-nous pas allumer les lumières ?

Caroline : Il n’y a pas de lumière dans cette salle mais de toute façon on arrive à la fin de notre interview.

Camille : Vous ne le savez peut-être pas mais nous sommes dans le noir !

Caroline : On arrive dans la pénombre, il faut qu’on parte de la salle de détente du Labo de l’Édition. D’ailleurs, je n’ai même pas dit qu’on était au Labo de l’Edition.

Camille : Alexiane a encore des questions, j’en vois dans le tchat !

Caroline : Donc dernière question : pour être sûre, on peut lire Réseau Royal sans avoir lu Royales ?

Camille : C’est vraiment deux romans complètement différents, ça n’a rien à voir ! Mais pourquoi cette malheureuse conclusion ? Royales le roman publié chez Hachette s’appelait à l’origine Les Princesses clonées. Il a gardé ce titre assez longtemps durant le processus d’édition et j’ai commencé à écrire Réseau Royal pendant ce même processus à un moment où Royales ça s’appelait toujours Les Princesses clonées et lors du changement de titre, j’avais déjà Réseau Royal d’où cette conclusion. Mais il n’y a aucun lien entre les deux, ce sont des histoires totalement différentes. Comme il y a de la monarchie des deux côtés, que c’est de la monarchie moderne, il y a certaines problématiques qui se retrouvent mais c’est plus une proximité thématique.

Caroline : Pour finir notre entretien, est-ce que tu peux expliquer c’est quoi l’histoire de Royales ?

Camille : Royales c’est un roman qui part du principe que dans deux siècles, il y a tellement de pression médiatique sur la famille royale anglaise que la princesse a été clonée en 16 exemplaires. Une qui est super-forte en équitation, une qui est spécialisée dans le discours, une autre en littérature, une qui est spécialiste de la noblesse anglaise. Elles ont toutes une spécialité qui est travaillée à fond. Elles vivent dans un bunker sous Buckingham Palace dans le plus grand secret. Le peuple ignore qu’elles sont seize. Elles sortent à tour de rôle pour jouer le rôle de la princesse. Au début de l’histoire, elles ont 18 ans. Mais une fois dans la vie adulte, c’est plus compliqué d’être seize donc les événements se précipitent.

Caroline : Et il y a Alexiane qui nous dit justement : « Est-ce qu’il y a un lien ? Réseau Royal qui parle de la monarchie française et Royales qui traite de la monarchie britannique, il y a un lien ?

Camille : Entre les deux ? Non aucun lien.

Caroline : J’essaye de voir s’il n’y aurait pas un autre lien en fait. Qu’est-ce qui t’a inspiré ?

Camille : Pourquoi j’ai écrit sur la monarchie ?

Caroline : Ouais voilà.

Camille : Ce que je trouve assez fascinant avec le fait d’écrire sur la monarchie, c’est que les personnages royaux ne représentent pas qu’eux-mêmes, c’est-à-dire que sur eux pèse le poids d’un pays et donc chaque décision qu’ils prennent dans le roman a un impact bien plus important que leur seule personne. Donc ça leur cause des dilemmes, certains dans Royales, d’autres dans Réseau Royal mais je trouve que c’est quelque chose de narrativement intéressant. Surtout cette double-personnalité qu’ils ont en une seule personne qui est d’être à la fois roi et à la fois homme. C’est une dualité que je trouve captivante et que j’ai matière à exploiter dans deux romans de manière différente.

Caroline : J’ai oublié de t’amener le livre dont je t’avais parlé Le dictateur et le hamac de Michel Tournier. Ton histoire m’a fait penser à ce livre, quelqu’un qui gouverne un pays mais qui engage un sosie. Bon, ce n’est pas un clone mais il faudra que je te l’apporte une prochaine fois ! Et voilà, je pense que c’était la dernière question. On a pu parler de ton roman publié, de celui qui est en cours et en ligne et un autre qui est aussi sur Wattpad Barbe- Bleue et cheveux roses. On a aussi parlé de JDR, de fanfiction et je pense qu’on a fait le tour. Vous pourrez retrouver Camille en masterclass au Labo de l’Édition.

Camille : Et si vous avez d’autres questions, je suis sur Facebook, Twitter, Instagram, Wattpad ! Donc n’hésitez vraiment pas !

Caroline : La page Facebook c’est Camille Versi.

Camille : Tout à fait !

Caroline : Twitter aussi.

Camille : Non Twitter, c’est @VersiCamille

Caroline : Faudra trouver ! Et sur Wattpad ?

Camille : C’est Versipellis.

Caroline : Ah comme sur Infinite RPG ?

Camille : Comme sur Infinite !

Caroline : Sur Infinite RPG, vous pourrez même peut être faire du RP avec Camille. Et on va retourner à notre write-in car on était en atelier d’écriture libre et je n’ai pas pu encore écrire. Donc voilà, il faut que j’écrive aussi.

Camille : Oui moi aussi !

Caroline : Donc on va y retourner. N’hésitez pas, le tchat va se fermer mais vous pouvez laisser des commentaires pour poser d’autres questions et aussi faire des suggestions sur la masterclass, sur ce que Camille pourrait évoquer.

Camille : En sachant que vous avez du temps ! Parce que les masterclass, ça serait plutôt pour l’an prochain !

Caroline : Je pense !

Camille : Après je peux toujours les faire plus tôt !

Caroline : En juin, il y a des dates si tu veux. Donc on pourra en reparler.

Camille : Tout est possible !

Caroline : Selon nos dispos. Tu nous a trouvé un nouveau slogan : tout est possible à l’œil avec infinite RPG ! Non, notre slogan c’est : Écrivons ensemble !

Camille : We are Infinite !

Caroline : Sur ce à bientôt, merci de nous avoir suivi et n’hésitez pas à suivre Camille et à nous suivre également !


Vous pouvez retrouver l’auteure Camille Versi lors de nos sessions d’écriture #MercrediOnécrit et en tant qu’intervenante lors de nos ateliers d’écriture (elle a déjà donné une masterclass Ecrire sur les réseaux sociaux l’an dernier et vous pourrez la retrouver jeudi 31 janvier 2019 pour écrire une histoire addictive sur Wattpad !).

Caroline Viphakone-Lamache

A propos Caroline Viphakone-Lamache

Ancienne étudiante en édition, Caroline Viphakone-Lamache lance sa start-up infinite RPG en parallèle de son agence de communication digitale en 2014. Passionnée d’écriture numérique et de transmédia marketing, elle a hâte d’échanger avec vous !

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