TÉMOIGNAGES : retours sur le speed-dating auteurs & éditeurs au Salon Livre Paris 2018 !

L’année dernière, nous avons eu l’occasion d’animer une rencontre entre des éditeurs et nos auteurs infinite writers sur la scène Young Adult du Salon Livre Paris 2018 !

Une dizaine d’écrivains en herbe se sont portés volontaires à ce « speed-dating » littéraire pour présenter leurs projets d’écriture et en apprendre plus sur les rouages des maisons d’édition… Retour sur cet événement en images et avec les portraits de nos participants.

Nos auteurs, les infinite writers, enthousiastes à l’idée de rencontrer des éditeurs au Salon Livre Paris 2018

Du coaching littéraire jusqu’au Salon Livre Paris

Nos partenaires du Salon Livre Paris, Sophie Nanteuil et Sophie Rosemont (Sophie au carré, pour les intimes) nous ont proposé d’organiser cette animation sur une toute nouvelle scène dédiée à la littérature « Young Adult » inaugurée lors de cette édition 2018.

Nos auteurs Nolwenn Pamart, Marie – Meidelev, et Gaël Ribardière-Jones, traumatisés par des PITCHS !

Nous avons choisi des primo-auteurs, ayant participé au moins à deux de nos ateliers d’écriture, partageant ainsi notre vision collective et ludique de l’écriture, et détenant un manuscrit plus ou moins abouti. Les sélectionnés ont dû par la suite nous envoyer par mail une première proposition de pitch, de synopsis et de lettre d’intention. Nous leur avons aussi demandé leurs manuscrits pour que des bêta-lecteurs ou bêta-lectrices, des membres volontaires de la communauté des Infiniters, puissent leur faire une lecture plus ou moins objective.

Lors d’une première session de write-in (#MercrediOnEcrit), j’ai écouté chaque participant en les enregistrant afin qu’ils puissent réécouter notre entretien et retravailler les points à enlever ou à creuser dans leur présentation. En tant que coach littéraire, j’en ai aussi profité pour leur expliquer la chaîne du livre et les sensibiliser à la réalité du marché de l’édition (non, ils ne décrocheront certainement pas un contrat d’auteur à l’issue de la rencontre avec les éditeurs au Salon Livre Paris !).

Ensuite, nous avons consacré une après-midi à comprendre la ligne éditoriale de chaque maison d’édition participant au speed-dating du Salon Livre Paris afin que les infinite writers puissent choisir quel éditeur ou quelle éditrice ils souhaitaient le plus rencontrer. Le reste de la journée a été dédiée à des simulations d’entretiens entre nos bêta-lecteurs – qui jouaient chacun un rôle d’éditeurs – et nos auteurs. Certains participants n’étant pas disponibles le même jour, nous avons dû soit leur proposer un rendez-vous à une autre date soit les préparer à distance. J’ai moi-même joué à ce « jeu de rôle » en tant qu’éditrice d’infinite books à la recherche de nouveaux talents !

Séance de speed-dating entre « faux » éditeurs et les infinite writers au Labo de l’édition

Enfin, nos auteurs en herbe ont sélectionné un extrait de leur roman corrigé et réécrit, après avoir reçu les points identifiés par leurs bêta-lecteurs et par moi-même.

Le jour du speed-dating éditeurs et auteurs, il a fallu rassurer les participants, continuer notre travail d’accompagnement jusqu’au bout (merci d’ailleurs à Miryam, une des bêta-lectrices présentes), et gérer l’organisation de la scène Young Adult du Salon Livre Paris (avec plusieurs imprévus : désistements d’éditeurs, inscription d’autres écrivains en herbe…).

Portraits des infinite writers, auteurs participants au Salon Livre Paris 2018

Océane Gobin (Vengeance), Marieke Mille (Le voleur d’étoiles), Nolwenn Pamart (La pratique du nihilisme en plein air), Pauline Pinçon (Les trous dans l’âme – ancien titre), Gaël Ribardière (Le prix du savoir), Marie Barros (L’hydromancienne), Gwendoline Merle (Le sacrifice des Orphers), et Tokano (Lucidité des rêves) ont une pratique régulière de l’écriture et bénéficient des échanges avec nos intervenants ainsi qu’avec les autres participants de nos ateliers d’écriture.

Il s’agissait, pour la plupart d’entre eux, de leur première rencontre avec des représentants des maisons d’édition et attendaient surtout de pouvoir échanger avec eux. Bravo à vous tous !

Gaël Ribardière-Jones, les premiers pas d’un auteur passionné

Gaël Ribardière-Jones, MJ et infinite writer adhérent, raconte l’univers de roman à l’éditeur de Robert Laffont

Je m’appelle Gaël, j’ai vingt-six ans et je fais du jeu de rôle (sur table, sur forum ou sur Roll20) depuis une dizaine d’années. C’est une grande inspiration pour moi car mes textes sont, en grande majorité, des histoires issues de mes parties de jeu de rôle.

Mon livre raconte l’histoire d’une adolescente enrôlée de force dans une école destinée aux enfants possédant des capacités surnaturelles. Elle cache aussi un secret qu’elle ne peut révéler à personne, pas même à ses nouveaux amis, et qui reste un mystère même pour elle. Au fil du récit, son désir de liberté sera opposé à sa soif de connaissances.

La première personne à avoir lu mon manuscrit une fois terminé, ce fût ma mère. Elle en avait déjà lu la première moitié et attendait la suite avec impatience. Je n’ai pas eu de difficulté à le lui confier, sans doute parce que je voulais être lu, ne serait-ce que par elle. J’avais des sentiments et des opinions à exprimer, les écrire était le meilleur moyen pour moi d’y arriver.
D’autres personnes proches l’ont lu par la suite. On m’a encouragé à aller plus loin, à chercher un éditeur pour publier mon texte. Je me suis demandé s’il était assez bon pour cela, puis je me suis dit que je ne le saurais pas sans le présenter. Au fond, si j’écris c’est aussi pour partager des histoires qui me plaisent et qui, je l’espère, plairont à d’autres. Si ne serait-ce qu’une personne désignait un de mes écrits et disait : « C’est une de mes histoires préférées. » alors j’aurais accompli quelque chose. Avoir un contrat d’édition, c’est un des meilleurs moyens de toucher le plus de monde possible, je pense.

C’est un ami participant aux ateliers du studio infinite qui m’a parlé du speed-dating avec des éditeurs du Salon Livre Paris. Je me suis dit « pourquoi pas ? », c’est un premier pas comme un autre. Je pensais aussi que ce serait un bon moyen d’avoir un premier contact avec des éditeurs.
Toute ma préparation est passée par le studio infinite. On a travaillé de A à Z le pitch du bouquin, la lettre d’intention à présenter aux éditeurs et bien sûr notre manière de parler. Dans ce but, on s’est entraidés avec les participants. À tour de rôle, on incarnait des éditeurs spécifiques avec une certaine ligne éditoriale et on passait un entretien comme celui qu’on devait passer lors du speed-dating du Salon Livre Paris.

Je crois bien que c’était ma première fois au Salon du Livre Paris. Le jour-J, j’étais malade, j’avais une mauvaise grippe. La cerise sur le gâteau après des semaines à accumuler le stress à l’approche de la rencontre. Je ne sais pas trop à quoi je m’attendais, j’essaie de ne pas trop me faire d’idées en général.
L’ambiance y était plutôt détendue au final, c’était agréable. Les participants comme les éditeurs étaient sympathiques. C’était un bon moment.

Après la rencontre, j’ai envoyé mon manuscrit à Nathan. Malheureusement, même s’il était intéressant, il ne correspondait pas à leur ligne éditoriale. Ils m’ont cependant donné quelques retours appréciables. Je n’ai pas abandonné l’idée de trouver un éditeur, et je repartirai à sa recherche sous peu.

Mon meilleur souvenir doit être le speed-dating en lui-même, ne serait-ce que pour le stress qui s’envole enfin. Je n’ai honnêtement pas de mauvais souvenir.

Océane Gobin, une écrivaine pleine d’espoirs…

Océane Gobin – Néanteuse en train de parler de son roman Vengeance à l’éditrice de l’Ecole des Loisirs

 

J’écris depuis l’âge de 9 ans. Grande lectrice, je voulais moi aussi publier des livres. J’ai développé de nombreuses histoires, que j’affine encore aujourd’hui. J’ai achevé mon premier projet à 13 ans, période durant laquelle j’ai débuté en écrivant sur des forums de jeu de rôle.

En 2008, j’ai visité un camp de concentration. Pour mon cours de français, j’ai écrit un texte sur l’agonie d’un déporté utilisé comme cobaye. J’ai ensuite su que je voulais composer quelque chose de plus complexe, pour parler du passé, et de ce qu’il a engendré. Mais l’idée n’était pas encore là.
En 2011, j’ai dû changer d’établissement. Comme je m’ennuyais, j’ai commencé à écrire l’histoire d’une ado dans la même situation que moi. En assemblant cette idée à celle d’une histoire sur le génocide nazi, j’ai créé Vengeance, une uchronie qui traite du devoir de mémoire : « Deux adolescents subissant d’étranges mutations sont forcés de se venger contre les crimes de la Shoah par leur kidnappeur. » Lola arrive dans un nouveau lycée, y rencontre Adrien, un professeur d’histoire, et retrouve Raphaël, un ancien camarade. Une altercation entre Lo et Ad provoque la transformation de la jeune fille en lion, et celle de Ra en corbeau. Adrien leur dévoile sa capacité à se changer en aigle, et leur explique que ces phénomènes sont dus à des gènes mutants hérités de leurs ancêtres juifs et allemands. Leur ADN a été modifié par des médecins nazis au profit d’une expérience militaire. Adrien explique à Raphaël et Lola qu’il a pour projet de les emmener vivre à l’écart, afin d’éviter d’être découverts. Lola refuse, il décide de l’enlever de force.Après un an de vie reclus, Adrien apprend que le grand-père de Raphaël, mutant également, vient d’être assassiné par un ancien nazi. Ils s’introduisent alors chez le vieil homme, que Ra tue. Après l’attaque, Lola découvre qu’Adrien était présent lors du décès de son frère Kévin et qu’il était lui aussi un mutant. Se sentant trahie, elle s’enfuit.
Vengeance est mon projet d’écriture le plus abouti, qui s’inscrira à terme dans une trilogie. Je ferai évoluer mes personnages dans l’actuelle montée des extrémismes. L’idée principale restera de poser une réflexion sur la façon de combattre ce genre d’idéologie.

L’exercice du speed-dating était stressant mais au final très grisant et intéressant. Ce n’était pas la première fois [que je faisais lire mon roman], mais c’était la première fois que c’était à des inconnus ! C’était enrichissant de voir à quel point un texte peut être interprété différemment. Les bêta-lecteurs (dont j’ai aussi fait partie, lire plus bas) m’ont aidé à prendre du recul sur mon roman et m’ont apporté d’autres perspectives pour mon histoire. Mon rêve est de devenir écrivain, tout ce qui peut m’en rapprocher est bon à prendre. 🙂

Je n’attendais pas grand chose à vrai dire [de la rencontre au Salon Livre Paris], car [notre coach littéraire Caroline du studio infinite] m’avait dit de relativiser. Conclusion : deux éditeurs sur trois m’ont clairement écoutée par politesse et ont bien joué le jeu. Le 3ème a montré de l’intérêt mais n’a jamais répondu aux relances, ce qui est ma plus grosse déception dans cette histoire mais encore une fois, j’essaye de prendre de la distance.

Depuis, j’ai presque pas avancé sur mon projet d’écriture. La vie est dure ! 🙁
Comme je suis nulle en organisation, j’ai trop à gérer niveau pro et perso. Dans l’idéal, il faudrait que je continue mon tome 2 et que j’envoie le 1 à des éditeurs.

Marieke Mille, une scénariste et auteure rêveuse !

Marieke Mille en train de pitcher son roman auprès de la maison d’édition Nathan

Le Voleur d’étoiles est un projet que je mûris depuis longtemps. Je travaille sur ce texte depuis cinq ans et il a pris des formes multiples. La construction et l’intrigue ont évolué au fil de ces années, mais le roman a toujours gardé comme fil rouge mon envie de départ : proposer un récit initiatique à travers un monde très lié à l’imaginaire, celui des rêves.

L’histoire d’Anatole est née de l’image d’un monde où les étoiles pousseraient telles des plantes. Il a fallu bien sûr étoffer cette idée, lui donner un sens pour permettre à la narration de s’épanouir. Concevoir le monde de la nuit et les différentes communautés qui le peuplent a été un vrai plaisir, je souhaitais insuffler de la poésie dans les tâches des communautés et c’est ainsi que les planteurs de sommeil, les souffleurs de brume et les arpenteurs de rêve sont venus rejoindre les cueilleurs d’étoiles. Ce monde porte aussi, en filigrane, le travail de création. Anatole découvre les rêves des autres avant de concevoir les siens.

Mon travail [d’écriture] s’est fait avec comme témoins silencieux les nombreuses lectures qui ont étoffé mon imaginaire au fil des ans. J’ai grandi – fait générationnel – avec Harry Potter, mais j’ai été nourrie par la littérature pour adolescents dont les univers singuliers continuent maintenant à m’accompagner. J’ai passé mon enfance à raconter des histoires, à l’époque très inspirées des auteurs que j’admirais. Ces premiers essais m’ont permis d’expérimenter, de chercher ma voix. Par la suite, j’ai fréquenté divers ateliers d’écriture [auprès du studio infinite notamment]. Ils ont représenté l’occasion d’échanger avec des premiers lecteurs, de recevoir des critiques et de consolider ma plume.

J’ai pris beaucoup de plaisir à l’exercice. Si je suis habituée au pitch oral et écrit pour les projets audiovisuels sur lesquels je travaille, je ne l’avais jamais appliqué à un roman. C’était très plaisant, mais aussi un casse-tête, de faire rentrer une histoire que j’ai déroulée en plus de 400 000 signes sur quelques lignes. C’est en général un exercice assez solitaire et épineux, car on est la seule personne à connaître l’histoire et si on a pris tant de place pour le faire, c’est qu’on imagine que c’est le format adéquat. Caroline [du studio infinite] a été d’une grande aide pour faire émerger l’épine dorsale du projet parmi une foule d’informations (Merci !).

J’ai toujours fait lire mes textes à diverses personnes de mon entourage, j’en ai mis quelques uns sur des plateformes d’écriture en ligne, même si l’expérience ne m’avait pas totalement convaincue. J’avais également déjà envoyé il y a quelques années un manuscrit chez Gallimard Jeunesse. S’il avait été refusé, j’avais cependant reçu un retour bienveillant et constructif. Je n’en ai pas bénéficié auprès des infinite writers, mais mon texte avait fait son chemin entre plusieurs mains amies.

J’ai voulu participer à la rencontre avec les éditeurs du Salon Livre Paris car il me semblait que de rencontrer et de discuter avec des éditeurs était un moyen de remettre de l’humain dans un processus de sélection qui en manque parfois. La « non-réponse » est souvent devenu une réponse à part entière ! Les plateformes de soumission des manuscrits spécifient souvent que passé un certain délai, si vous n’avez pas de nouvelles, vous pouvez considérer que c’est non. Je trouve cette façon de faire extrêmement violente, même si je comprends bien les contraintes matérielles qui poussent les éditeurs à mettre de tels dispositifs en place. Le fait de se rencontrer permet d’amorcer l’échange, d’attirer le regard sur un texte alors que les éditeurs en reçoivent des dizaines par jour. C’est d’ailleurs ce qui s’est passé pour moi. J’étais en train de finaliser le texte lors du speed-dating.

J’ai reçu un mail deux mois après d’une des éditrices que j’avais rencontré pour me renouveler son intérêt pour me lire. J’ai envoyé le roman et j’avais un mois plus tard un nouveau mail pour me dire qu’elle était en train de le lire et le trouvait intéressant. Nos échanges se sont soldés après l’été, elles étaient plusieurs à m’avoir lue dans la maison d’édition. Si elles trouvaient le début prometteur, elles pensaient que j’avais encore du travail à faire pour clarifier certains points. J’ai eu un retour de lecture détaillé avec des pistes très précieuses qui m’aident dans la réécriture que j’entreprends aujourd’hui. Le texte n’était à leur sens pas publiable en l’état, mais mon interlocutrice m’a indiqué qu’elle serait ravie de lire la prochaine version.

Aujourd’hui, je travaille à une nouvelle version du texte pour l’envoyer à cette éditrice du speed-dating, mais je compte également élargir mes envois à d’autres maisons d’édition. Mais avant, je m’en vais à la fin du mois pitcher un projet de film cette fois dans un festival dans le sud de la France !

Tony – Tokano, bédéiste et mangaka adepte du light novel

Tony aka Tokano avec une représentante de la maison d’édition L’Ecole des Loisirs

 

Avant de me lancer dans l’écriture, j’ai étudié pendant 3 ans dans une école de bande dessinée et dans le cadre de mes études, j’ai séjourné un an à Tokyo pour l’année 2017.

Sous le pseudonyme de Tokano, j’aspire à présenter une histoire dramatique dont la thématique est le rêve lucide : « Amoureux d’une fille issue d’un de ses rêves, un étudiant entreprend tout ce qu’il peut pour réaliser ce type d’expérience, jusqu’à ne plus savoir faire la différence entre songes et réalité ». Peu traité, ce sujet a gagné en popularité avec notamment le film américain Inception ou même par des témoignages d’anonymes sur internet. Étant moi-même un rêveur lucide, je voulais partager mon expérience en l’illustrant dans mon projet et en donnant des pistes pour s’y essayer à travers les émotions de mon personnage.

J’ai longtemps réfléchi à la manière de retranscrire mon vécu le plus fidèlement possible avec ma vision personnelle de la vie et de l’amour. J’ai choisi de l’écrire sous forme de nouvelle illustrée, le light novel. Format assez populaire au Japon, le light novel est un petit livre représentant environ la moitié d’un livre de poche. Dans un light novel, le langage utilisé est généralement très direct et proche du langage parlé, comme dans un manga.

J’ai participé à ce speed-dating car je voulais connaître l’avis des éditeurs sur mes écrits, plus de la curiosité qu’autre chose. Ce n’était pas la première fois que je faisais lire mon texte à quelqu’un d’autre mais je n’avais jamais reçu des retours aussi poussés et précis auparavant. Les bêta-lecteurs, Adrien – Kyrrian et Miryam, m’ont aidé à reformuler certaines phrases et à repérer les fautes.

[Pendant la rencontre avec les éditeurs au Salon Livre Paris,] j’attendais des critiques aussi bien positives que négatives. En conclusion, les éditeurs m’ont assez peu parlé. Je suis malgré tout satisfait d’avoir pu m’exprimer à l’oral pour présenter mon univers.

Aujourd’hui, je suis en phase de réécriture, je change beaucoup d’éléments à mon histoire dans le but de le rendre plus riche.

Pauline Pinçon, une autrice et scénariste qui avance !

Pauline Pinçon en discussion avec une éditrice de Nathan au Salon Livre Paris

J’écris depuis que je suis toute petite. Ça m’a permis, gamine, de voyager à moindre coût et de m’évader. J’étais la jeune fille qui inventait des histoires rocambolesques avec ses Polly Pocket. Ado, j’étais celle qui passait son temps à lire, à regarder des séries ou des films et à se dire que c’était ce que je voulais faire plus tard… écrire des histoires. Je me suis alors lancée sur internet et j’ai commencé à écrire sur des jeux de rôle par forum.

Désormais, je ne perçois plus l’écriture comme une échappatoire, mais comme un moyen de communication. À travers mes écrits, je partage mes pensées, mes histoires. Savoir que je puisse peut-être être lue, que je puisse en parler avec des lecteurs et discuter de leurs réactions est un plus que j’espère expérimenter de plus en plus dans le futur.

Cette expérience [au Salon Livre Paris 2018] fut très enrichissante. Quand je me suis lancée dans cette aventure, je ne pensais pas que j’allais prendre autant de plaisir. Je n’avais jusqu’à cette époque envisagé d’écrire un roman. Pourtant, lorsque l’idée m’est venue et qu’on m’a proposé de participer au Salon du Livre, j’ai accepté le challenge. Et qui sait ? Offrir une chance à mon roman d’être publié ! Toutefois, je suis restée lucide et je préférais ne rien attendre, juste vivre le moment et voir ce qui allait se passer par la suite.
J’avais eu l’occasion de faire lire [mes textes] à ma sœur et ma meilleure amie. Les bêta-lecteurs [du studio infinite] m’ont beaucoup aidé par leurs remarques constructives et bienveillantes, qui m’ont permis de ré-évaluer mon écrit et de me poser de bonnes questions pour une meilleure avancée. Avoir des retours des bêta-lecteurs, mais aussi ceux des autres participants, m’a aussi permis de croire en mon projet. De le développer au mieux pour pouvoir partir confiante au Salon Livre Paris.

Pitcher devant des maisons d’édition a rendu l’exercice encore plus réel et lorsque j’ai eu des retours positifs de [la maison d’édition] Nathan, j’ai à la fois trouvé ça très encourageant, mais aussi terrifiant. D’ailleurs, je suis restée en contact avec la maison d’édition, même si malheureusement, ça n’a pas donné suite, car je n’avais pas terminé le roman à l’époque. Je suis toujours en cours d’écriture, je suis plus confiante, je ne baisse pas les bras et je prévois d’envoyer le manuscrit terminé à des maisons d’édition.

J’ai modifié plusieurs points, par exemple le titre de mon livre a changé : il s’appelle maintenant Chorégraphie des âmes. Le pitch : « Une mauvaise chute lors d’une compétition de patinage artistique contraint Mike et Raphaëlle à se remettre en question. L’un découvre qu’il est atteint d’une maladie incurable tandis que l’autre trouve enfin sa propre voie. »
Mike et Raphaëlle sont deux patineurs artistiques dédiés à un avenir prometteur. Venant de deux milieux familiaux très différents, une alchimie s’est toutefois créée entre eux, leurs douances les ayant rapprochés grandement. Complices, un de leurs rituels est de tenir chacun un journal en écrivant du point de vue de l’autre. Malheureusement, lors d’une représentation artistique, Mike ne va pas rattraper Raphaëlle.
Blessée au genou, Raphaëlle va être suspendue de patinage pendant un an. De son côté Mike, va enchaîner les tests médicaux, pour comprendre les raisons de cet accident. Ces examens vont lui apprendre qu’il est atteint d’une maladie incurable : l’ataxie spinocérébelleuse, maladie héréditaire provenant de son père. Mike aura beaucoup de mal à accepter cette nouvelle et va s’isoler de tous et plus particulièrement de Raphaëlle, qui, heurtée par cette séparation soudaine, va découvrir que sa famille lui a caché l’anorexie de son petit frère. Mike va être amené à affronter ses vieux démons et ses relations avec sa famille. Il va apprendre à aimer la vie sous conditions et réaliser l’importance que peut avoir ses proches. Raphaëlle va, à l’inverse, s’isoler pour mieux se connaître et découvrir ce qu’elle désire vraiment.

Les trous dans l’âme [l’ancien titre], c’est avant tout l’histoire d’un personnage, celui de Mike que j’ai créé en 2014 sur un forum RPG à temps réel. Atteint d’une maladie rare et incurable : l’ataxie spino-cérébelleuse, il va devoir apprendre à accepter qu’il ne puisse plus vivre de sa passion, le patinage artistique, et qu’il va devoir mener un combat : celui de profiter de la vie, malgré qu’il en connaisse la fin.
Prévu pour n’être qu’un personnage de plus dans ma tête, Mike a fini par me hanter. Dès que j’écoute son thème musical (It takes a lot to know a man de Damien Rice), je pense à lui. J’ai alors réalisé au fil du temps que j’avais cette envie d’étendre son récit vers un roman. Puis, il y a eu le développement du personnage de Raphaëlle et de cette opposition de vie entre les deux. L’histoire de Mike me touche personnellement, car sa maladie est trop peu connue en France et elle mérite qu’on y appose un regard. Je veux évoquer ce moment où les blessures nous poussent à changer de vie et je veux traiter les réactions face à ces imprévus.

À côté, j’ai développé un projet de série qui a été sélectionné au festival international de scénarios de Valence 2019. Je vais donc participer au festival début avril et essayer de faire le plus de rencontres possibles pour proposer mes projets et pourquoi pas en créer avec d’autres personnes.

Retours d’expérience des bêta-lecteurs Infiniters !

Nous avons constitué un comité de lecture parmi nos infinite writers qui a donné ses premiers retours sur les textes des participants.

Adrien – Kyrrian, Eve – Shesha, Sophie – Eden Memories, Leslie – Elle Guyon, Miryam – Miam-Pépin ou même les autrices Pauline Pinçon et Nolwenn Pamart (qui ont aussi voulu endosser ce rôle en plus de se présenter), nos bêta-lecteurs ont été chargés d’une relecture globale, une relecture sur le fond, et une relecture sur la forme de chaque manuscrit.
Encore merci à eux pour leur contribution !

Eve – Shesha, une lectrice gourmande et inspirée

Eve aka Shesha qui s’accorde une pause cookie pendant la préparation au Labo de l’édition !

Mes goûts sont assez variés et je lis de tout. Ceci dit, j’ai un peu plus de mal avec la romance, le polar ou la science-fiction. Que l’auteur soit connu ou non m’importe peu. Je cherche un univers construit, des personnages complexes psychologiquement, et j’ai une préférence pour les histoires non-manichéennes et les drames. Pour moi, le young adult est tout ce qui n’est ni la littérature jeunesse, ni la littérature blanche.

Je me suis proposée comme bêta-lectrice pour lire. :p
Mais aussi pour découvrir de nouveaux auteurs, et si possible leur apporter mon aide avec mes retours.

Cette expérience m’a apporté de belles rencontres et une méthode que je peux appliquer à mes propres projets. C’est toujours plus facile de remarquer ce qu’il faut améliorer dans un texte que l’on n’a pas écrit, mais une fois que je remarque telle ou telle faiblesse chez d’autres auteurs, autant la corriger aussi dans mon propre projet d’écriture !

 

Sophie – Eden Memories, auteur et lectrice d’univers SFFF, & Océane – Néanteuse, participante ET bêta-lectrice inspirée

Sophie aka Eden Memories partage ses retours constructifs à Océane, l’une des auteures participantes

 

J’avoue méconnaître le [young adult], […] j’avoue pas trop faire attention au genre, je lis essentiellement du fantastique, de l’horreur, de la science-fiction, thriller et polar (j’aime beaucoup Oscar Wilde, Stephen King, H.P. Lovecraft, Clive Barker, J.G. Ballard, Paul Auster, Anne Rice, Poppy Z. Britte) même s’il m’arrive de lire des auteurs de littérature blanche.

J’aime quand il y a une mythologie, un univers à approfondir. Je recherche une atmosphère, une ambiance, un univers qui possède son caractère. Après, je suis branchée univers sombre, violent, cruel, et j’aime bien quand il y a une réflexion sur le monde, des personnages type anti-héros.

J’ai effectivement des projets d’écriture mais ils ne rentrent pas dans la littérature jeunes adultes (je mets de l’horreur, du gore et des scènes « matures » dans mes écrits). Mais j’ai trouvé l’expérience enrichissante du point de vue de bêta-lecteur. Moi-même étant auteur (enfin essayant de l’être), j’aurais été heureuse qu’on se propose pour me lire et me donner des conseils pour améliorer mon texte.

— Sophie – Eden Memories

 

J’aime lire de la fantasy et de la science fiction surtout, mais je suis ouverte à tous les genres : Pierre Bottero, Anne Rice, Lois Lowry, Marguerite Duras, Arthur Rimbaud, Haruki Murakami, Audur Ava Olafsdottir, Cassandra Clare… 🙂
Pour moi, le young adult c’est beaucoup de clichés kitsch et girly malheureusement.
Dans une fiction, je recherche des histoires prenantes, de nouveaux endroits, des émotions fortes, des enjeux profonds et un style prenant.

[Je me suis proposée comme bêta-lectrice] pour aider des gens dans la même situation que moi et pour le plaisir de lire.

[Faire partie des bêta-lecteurs] m’a permis de découvrir des projets et des écrivains en devenir très intéressants. Oui, j’ai moi aussi des projets d’écriture et voir ceux d’autres personnes m’inspire pour écrire moi-même.

— Océane – Néanteuse

Pauline Pinçon, cette fois-ci avec sa casquette de bêta-lectrice !

Pauline Pinçon, en pleine mock-session en tant que bêta-lectrice ou participante !

Bien que j’ai une préférence pour le contemporain, j’essaye de diversifier mes lectures vers le suspense, le thriller et la science-fiction. En ce moment, je lis beaucoup d’autrices : Lily Pinsonneault, Rosalie Bonenfant, Niviaq Korneliussen, Maëlis De Kerangal, Maureen Wingrove, Marianne Levy, Jeanne Dompierre, Cécile Coulon et Marie-Christine Chartier, Kristopher Jansma…
Au niveau des attentes que je porte à mes lectures, je pense rechercher un livre qui puisse me bouleverser et me parler. Qui arrive à me happer du début jusqu’à la fin.
Pour moi, le Young Adult s’adresse aux adolescents et aux jeunes adultes. Il n’y a pas de genre spécifique relié à la littérature Jeunes Adultes, mais on peut tout de même remarquer des thématiques similaires comme l’amitié, le rapport à son identité, la construction du héros et l’amour.
[En tant que bêta-lectrice], je trouvais intéressant de jeter un œil aux écrits et de donner un avis constructif. ?
Ça permet selon moi de prendre du recul. De donner un regard neuf à l’auteur et par la même occasion de faire des découvertes.
J’ai plusieurs projets d’écriture et pourquoi pas le proposer à des bêta-lecteurs, après tout dépend des projets et de nos attentes.

L’après-Salon du Livre Paris 2018

Comme vous avez pu le lire dans les témoignages ci-dessus, certains de nos infinite writers ont reçu des retours constructifs sur leurs manuscrits grâce aux bêta-lecteurs, qui ont su apprendre eux aussi de cette expérience, ou ont pu échanger pour la première fois sur leurs projets d’écriture avec un éditeur ou une éditrice.

Les infinite writers en stress avant LE speed-dating éditeurs-auteurs au Salon Livre Paris 2018 !

 

Pause apéro entre infinite writers et bêta-lecteurs !

 

Merci aux éditeurs Justine Haré (Talents Hauts), Xavier d’Almeida (PKJ) et Bleuenn Guillou (Castelmore) ayant joué le jeu du speed-dating au Salon Livre Paris 2018 !

 

Sophie Nanteuil & Sophie Rosemont sur la scène Young Adult du Livre Paris 2018

Nous restons à l’affût de réponses de certains comités de lecture mais en attendant, nous continuons notre suivi des écrivains participants et de partager nos conseils d’écriture.

En tout cas, nous avons passé des semaines intenses entre le coaching des écrivains en herbe et l’animation du speed-dating (merci aux maisons d’édition ayant joué le jeu : Talents Hauts, Nathan, Castelmore, Gallimard Jeunesse, Ecole des Loisirs, Pocket Jeunesse, Robert Laffont, Nisha éditions, Syros) !
Une expérience riche en émotions que l’on espère renouveler à un prochain Salon du Livre ou autre convention littéraire (n’hésitez pas à nous contacter). 😉

Caroline Viphakone-Lamache

A propos Caroline Viphakone-Lamache

Ancienne étudiante en édition, Caroline Viphakone-Lamache lance sa start-up infinite RPG en parallèle de son agence de communication digitale en 2014. Passionnée d’écriture numérique et de transmédia marketing, elle a hâte d’échanger avec vous !

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